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Mauritanie : Libre Opinion « au bled, la chasse à « l’étranger » – Par Mariem Mint Derwich.

Et pendant ce temps là, chez nous au bled, la chasse à « l’étranger », sur fond de discours racistes, haineux… La fachosphère qui s’en donne à coeur joie là où nous ne devrions parler que de l’Humain.
Chasse à « l’étranger », cet « étranger » qui vit, invisible souvent, parmi nous : qui est dans nos cuisines et s’occupe de nos maisons, qui lave nos voitures, qui est tâcheron, qui est plombier, qui est mécanicien, qui est électricien, charpentier, menuisier, maçon, cuisinier, serveur, plongeur dans les restaurants, enseignant dans nos écoles privées, etc etc, cet « étranger » sous payé, qui rase les murs le soir, raflé dans les rues…
Ces rafles devraient nous obliger à nous repenser, à ouvrir un vrai débat sur une Afrique fédérale, qui renverrait aux oubliettes les frontières issues des colons et penserait l’Afrique, ou une partie d’elle, en terme de groupe et un et divers…
Mais bon… la haine et le racisme sont plus confortables comme postures. Elles permettent de promettre des réponses aux peurs et aux interrogations existentielles. Même si ces réponses sont perverses et fausses et n’allant pas plus loin que le bout de nos nez.
Temps des populismes faciles où nous sommes donc la première frontière d’une Europe embourbée dans sa lutte contre l’immigration et ses discours populistes…

Mariem Mint Derwich

Une réflexion sur “Mauritanie : Libre Opinion « au bled, la chasse à « l’étranger » – Par Mariem Mint Derwich.

  • Ramdane Sid'Ahmed

    Pendant ce temps-là, chez nous au bled, l’étranger n’est plus un ennemi invisible ni un bouc émissaire désigné par des discours haineux. Non, ici, nous avons enfin compris que cet « étranger » n’est autre qu’un compagnon de route, un bâtisseur de notre société, un artisan de notre quotidien.

    Cet « étranger » que nous regardions jadis avec méfiance est celui qui nous aide à grandir, qui enrichit nos maisons, nos villes, nos esprits. Il n’est pas un fantôme que l’on pourchasse, mais une présence essentielle, un souffle de diversité qui nourrit nos âmes et nos traditions. Il est cuisinier dans nos restaurants, enseignant dans nos écoles, ouvrier sur nos chantiers, infirmier dans nos hôpitaux, commerçant dans nos marchés. Il est un maillon indispensable de notre société, une part de nous-mêmes que nous avions trop longtemps ignorée.

    Les rafles ont disparu. Désormais, nous ne traquons plus l’homme, mais la misère. Nous avons troqué la peur contre la fraternité, et notre regard s’est ouvert à l’Humain plutôt qu’aux différences artificielles. Nous avons compris que ces frontières héritées d’un passé colonial ne définissent pas nos âmes et qu’il est temps de penser une Afrique unie, un continent qui ne voit plus en l’Autre une menace, mais un frère.

    Les discours populistes n’ont plus d’écho ici. Nous avons réalisé qu’il est plus facile de construire ensemble que de se diviser, qu’il est plus noble d’accueillir que de repousser. Nous avons fait le choix de l’intelligence face à la peur, de la solidarité face à l’exclusion. Car nous savons que, demain, nous pourrions être, nous aussi, ces « étrangers » ailleurs.

    Nous avons aussi fait le choix d’appliquer des lois migratoires afin de gérer l’immigration irrégulière qui est une question complexe qui nécessite un équilibre entre humanité et souveraineté. Nous vous convions de faire la différence entre une critique légitime et une volonté systématique de noircir le tableau. Les sociétés progressent grâce à la remise en question, mais encore faut-il que cette critique soit constructive et porteuse d’un avenir meilleur, plutôt que d’un cynisme stérile.

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