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Pour l’annulation totale des taxes sur les transferts d’argent électroniques et les téléphones portables Argumentaire économique unifié, soutenu par une lecture financière stratégique

Les décisions fiscales ne se jugent pas à l’aune de leur rendement immédiat, mais à leur capacité à préserver, amplifier et sécuriser la création de valeur. Les taxes imposées sur les transferts d’argent électroniques et sur les téléphones portables contreviennent à ce principe fondamental. Leur annulation totale s’impose non comme un geste politique, mais comme une nécessité économique rationnelle, conforme aux intérêts convergents des citoyens, des petits commerçants, des grandes entreprises et de l’État lui même.

I. Une fiscalité qui entrave la circulation de la valeur
Toute économie moderne repose sur deux piliers invisibles mais vitaux : la fluidité des flux financiers et l’accessibilité des outils de communication. Les transferts électroniques assurent la circulation quotidienne de la richesse réelle ; le téléphone en est l’interface opérationnelle. Les taxer revient à introduire une friction structurelle au cœur même de l’activité.
Les grands financiers le savent : lorsque les coûts de transaction augmentent, le volume diminue, la traçabilité se dégrade et le risque systémique s’accroît. Une fiscalité intelligente réduit les frictions pour élargir la base taxable. Une fiscalité courte vue les multiplie et rétrécit le champ économique.

II. Défendre les citoyens et les petits commerçants : une exigence de stabilité
Pour les citoyens, les transferts d’argent constituent un mécanisme de survie sociale, d’entraide familiale et d’accès aux biens essentiels. Les pénaliser fiscalement revient à taxer la nécessité, ce qui engendre inévitablement des stratégies d’évitement, un retour au cash et une perte de visibilité macroéconomique.
Pour les petits commerçants, le téléphone est devenu l’outil central de production : il remplace la caisse, le bureau, le carnet de commandes et le terminal de paiement. En renchérir l’accès, c’est augmenter les coûts fixes, réduire les marges et favoriser l’informel. Or, l’informel ne finance ni l’État ni la croissance.
Les acteurs financiers de premier plan convergent sur ce point : la stabilité sociale et la solvabilité de la base économique sont les conditions premières de toute croissance durable.

III. L’intérêt stratégique des grandes entreprises et des investisseurs
Contrairement à une lecture superficielle, ces taxes ne protègent pas les grandes entreprises ; elles les fragilisent à moyen terme. Un marché entravé est un marché qui consomme moins, investit moins et innove moins. Les grandes entreprises prospèrent dans des écosystèmes où :
• les consommateurs sont connectés et solvables,
• les paiements sont fluides et traçables,
• les coûts de transaction sont prévisibles.
Les investisseurs institutionnels privilégient les environnements où la fiscalité stimule les volumes plutôt que de les contracter. L’annulation de ces taxes envoie un signal clair : celui d’un pays qui choisit la croissance par l’élargissement, et non la contraction par la pénalisation.

IV. L’État, bénéficiaire ultime de l’annulation
Un État stratège ne taxe pas les outils de travail ni les flux vitaux. Il oriente l’effort fiscal vers la rente, les situations de monopole et les gains improductifs. Les grandes institutions financières internationales et les marchés le confirment : plus l’économie est formalisée et fluide, plus les recettes publiques augmentent naturellement.
En supprimant ces taxes, l’État gagne :
• en volume de transactions déclarées,
• en élargissement de l’assiette fiscale indirecte,
• en confiance des acteurs économiques.
La confiance est un actif financier. La perdre coûte infiniment plus cher que toute recette ponctuelle.

Conclusion : une décision de maturité économique
L’annulation totale des taxes sur les transferts électroniques et les téléphones portables est un choix de lucidité, soutenu par la logique économique et financière la plus élémentaire. Elle protège les citoyens, renforce les petits commerçants, sécurise les grandes entreprises et, à terme, augmente la capacité budgétaire de l’État.
Un État fort ne taxe pas ce qui fait fonctionner l’économie. Il taxe ce qui en capte les fruits sans en créer la dynamique.

Sidi Mohamed Taleb Brahim 

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