DPG : Sonko et Al Aminou Lo, quand la responsabilité prend le dessus…
RIMWEEKLY – Il y a des moments où la politique doit savoir s’arrêter avant de franchir la ligne rouge. La Déclaration de politique générale de Al Aminou Lo aura été l’un de ces moments.
Dans un contexte politique déjà suffisamment tendu, le Sénégal n’avait franchement pas besoin d’un nouveau bras de fer entre l’Assemblée nationale et le Gouvernement.
Et c’est justement là que la posture d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, mérite d’être saluée.
Son discours, à lui seul, résume l’essentiel : la République ne peut pas être réduite à une succession de confrontations politiques. Le rôle d’un président de l’Assemblée nationale n’est pas d’attiser les tensions, mais de garantir que le débat démocratique puisse se tenir dans le respect des institutions.
Sonko aurait pu laisser la majorité parlementaire aller jusqu’au bout de la logique de confrontation. Il aurait pu encourager une nouvelle bataille politique.
Il a plutôt adopté une posture de responsabilité.
Et c’est peut-être cela, la vraie victoire de cette DPG : avoir évité une crise supplémentaire.
Car une motion de censure, dans le contexte actuel, aurait davantage compliqué les choses qu’elle ne les aurait réglées. Elle aurait certainement nourri les tensions, durci les positions et donné le sentiment d’un pouvoir qui passe davantage de temps à se combattre qu’à gouverner.
Pendant ce temps, les Sénégalais attendent autre chose.
Ils attendent des résultats.
Face à cette situation, Al Aminou Lo a lui aussi marqué des points. Le Premier ministre a réussi à convaincre, mais surtout à convaincre par une méthode qui tranche avec les excès habituels du discours politique.
Lucidité, calme et politesse dans le langage.
Pas besoin d’invectives. Pas besoin de surenchère. Pas besoin d’humilier l’adversaire pour défendre son bilan ou son programme.
Al Aminou Lo a donné l’image d’un Premier ministre qui sait que la force d’un argument ne dépend pas du volume de la voix.
Son discours avait quelque chose de rassurant : une volonté d’expliquer plutôt que d’affronter, de convaincre plutôt que de provoquer.
Et face à lui, Sonko a semblé comprendre qu’une institution ne gagne rien à transformer chaque désaccord en crise.
Voilà peut-être le véritable enseignement de cette DPG.
Le président de l’Assemblée nationale qui choisit la responsabilité plutôt que l’affrontement.
Le Premier ministre qui choisit la pédagogie plutôt que l’arrogance.
Deux fonctions différentes. Deux responsabilités différentes. Mais une même nécessité : préserver les institutions et permettre au pays d’avancer.
Car soyons sérieux : à quoi aurait servi une motion de censure à ce moment précis ?
Aurait-elle baissé le prix des denrées ?
Aurait-elle créé des emplois ?
Aurait-elle réglé les problèmes de santé, d’éducation ou d’infrastructures ?
Non.
Elle aurait surtout ajouté une nouvelle séquence de confrontation politique à une actualité déjà saturée de tensions.
Le Sénégal a suffisamment souffert des querelles institutionnelles et partisanes.
Aujourd’hui, le peuple attend des dirigeants qu’ils se parlent, qu’ils se respectent et surtout qu’ils travaillent.
La politique n’est pas toujours l’art de vaincre l’autre. Elle est aussi l’art d’éviter les batailles inutiles.
Sonko, en tant que président de l’Assemblée nationale, semble avoir intégré cette exigence.
Al Aminou Lo, en tant que Premier ministre, l’a illustrée par sa manière de défendre sa DPG.
Reste maintenant le plus difficile : faire passer cette responsabilité politique du discours aux actes.
Parce qu’au bout du compte, les Sénégalais ne retiendront ni les applaudissements, ni les attaques, ni les petites phrases.
Ils retiendront les résultats.
Et c’est là que commence véritablement le jugement de l’histoire.
Source : Aliou Ba Journaliste à Mbour (Saly)


