L’unité nationale est le ciment de la Mauritanie
L’unité nationale : le ciment civique et stratégique de la Mauritanie
Par Sidi Mohamed Taleb Brahim
« L’homme n’est pleinement homme que dans la cité », écrivait Platon. Aujourd’hui, cette maxime résonne avec acuité pour la Mauritanie, pays aux multiples visages ethniques et culturels, confronté à des défis internes et externes sans précédent. L’unité nationale n’est pas un concept abstrait ; elle est le socle sur lequel repose la résilience, la sécurité et la prospérité de la nation. Elle se construit dans la conscience collective, dans la discipline civique, et dans l’amour inconditionnel de la patrie.
La tolérance et la solidarité sont les premières pierres de ce ciment. Comme le soulignait Léopold Sédar Senghor, « la vraie unité naît de la reconnaissance et de la valorisation de la diversité ». En Mauritanie, l’harmonisation des différences ethniques et régionales ne doit pas être un compromis forcé, mais un projet conscient et stratégique, où chaque citoyen se reconnaît dans la nation et s’implique activement dans sa cohésion.
L’éducation, fondement de cette unité, doit devenir un vecteur de justice et d’égalité. La création d’internats pour les enfants des familles vulnérables dès l’école primaire n’est pas seulement une politique sociale : elle incarne un patriotisme concret. Chaque enfant accueilli, formé et protégé devient un citoyen potentiel, capable de défendre l’intérêt commun et de résister aux tentations du crime, de la drogue et du banditisme. Comme le rappelait Kant, « l’éducation est le premier devoir civique de l’homme ».
L’engagement citoyen passe également par la responsabilité et la discipline. L’instauration de services militaires obligatoires dès l’âge de 18 ans dépasse le cadre strictement défensif : c’est un acte de formation civique et morale. Jean-Jacques Rousseau disait que « la liberté n’existe que dans l’exercice du devoir civique ». Apprendre à servir la nation, respecter les biens publics et œuvrer pour la sécurité collective forge des citoyens conscients, tolérants et solidaires.
Dans un monde géostratégique complexe, où la Mauritanie se situe au carrefour de flux économiques et de tensions régionales, l’unité nationale devient une force stratégique. Hannah Arendt insistait sur le fait que « la politique est l’espace où se déploie la liberté humaine ». Ici, la liberté et la sécurité de la Mauritanie dépendent d’une cohésion intérieure qui transcende les divisions ethniques et renforce sa résilience face aux crises externes.
Enfin, la lutte contre la corruption, la gestion transparente des biens publics et le respect des institutions sont les expressions concrètes de l’amour de la patrie. Comme le proclamait Montesquieu, « la vertu d’un peuple réside dans sa capacité à gouverner avec justice ». Dans cette perspective, chaque citoyen, chaque institution, chaque acteur social participe à l’édification d’une Mauritanie forte, unie et pérenne.
Ainsi, l’unité nationale mauritanienne n’est ni un vœu pieux ni un simple slogan : elle est un projet philosophique, éducatif, stratégique et moral. Elle se réalise dans la solidarité, dans l’engagement civique, dans la justice sociale et dans la protection des plus vulnérables. Elle est le reflet d’un peuple conscient de son histoire, de sa géopolitique et de sa responsabilité face à l’avenir. La Mauritanie, par cette unité, devient non seulement résiliente, mais exemplaire, offrant au monde le modèle d’une nation où diversité et patriotisme convergent vers un même idéal : l’amour de la patrie.
Sidi Mohamed Taleb Brahim


