Mauritanie : trois entreprises sélectionnées pour fournir des services télécoms par satellite
mauritaniennes exercent déjà une pression constante sur les opérateurs afin qu’ils respectent leurs obligations en matière de qualité de service. Les consommateurs dénoncent régulièrement des problèmes de couverture, des interruptions de service, des débits Internet insuffisants et une qualité de communication parfois dégradée, en particulier en dehors des grands centres urbains.
Entre cadre réglementaire, calendrier et coût, plusieurs défis persistent
Malgré les promesses de la connectivité satellitaire, plusieurs interrogations demeurent quant à la mise en œuvre effective du projet. La première concerne le calendrier de lancement des services. En effet, certaines entreprises retenues doivent encore aligner leurs offres sur celles du mieux‑disant afin de pouvoir obtenir définitivement leur licence. L’écart entre les propositions financières est particulièrement important, ce qui laisse planer une incertitude sur l’issue de cette étape et, par conséquent, sur les délais de déploiement.
La deuxième porte sur le cadre réglementaire. Au‑delà de l’attribution des licences, les autorités devront veiller à mettre en place un environnement propice au développement du marché, en définissant notamment les conditions d’exploitation, les obligations des titulaires de licences et les mécanismes de contrôle. L’expansion en Afrique d’acteurs comme Starlink a déjà soulevé plusieurs préoccupations comme la protection des données personnelles, la concurrence, l’actionnariat local, la protection des consommateurs, l’intégrité des réseaux et la responsabilité opérationnelle.
Enfin, la question du coût des services demeure centrale. Si les technologies satellitaires permettent d’étendre la couverture dans les zones les plus difficiles d’accès, leur adoption dépendra de leur accessibilité financière pour les particuliers, les entreprises et les administrations. Dans plusieurs pays africains, le prix des équipements et des abonnements reste l’un des principaux freins au développement de ce type de connectivité.
En Mauritanie, le coût des services Internet reste un enjeu important d’accessibilité. En 2025, un forfait de 5 Go d’Internet mobile représentait 2,94 % du revenu national brut (RNB) par habitant, selon l’UIT. Pour l’Internet fixe, cette proportion atteignait 17,6 %, alors que le seuil de 2 % du RNB par habitant est généralement retenu comme référence internationale pour considérer un service Internet comme abordable.
Isaac K. Kassouwi


