Mauritanie : un permis d’exploitation aurifère à la société chinoise SD Mining Ghabou SA préoccupe !
Des habitants et ressortissants du Guidimagha expriment leurs préoccupations après l’attribution d’un permis d’exploitation aurifère à la société chinoise SD Mining Ghabou SA. La protection de l’environnement, les retombées économiques locales et l’emploi des Mauritaniens figurent au cœur des interrogations, malgré les assurances données par les autorités.
Lors du Conseil des ministres du mercredi 24 juin 2026, le gouvernement mauritanien a adopté un projet de décret accordant à la société chinoise SD Mining Ghabou SA un permis d’exploitation aurifère dans la zone de Ghabou, située dans la région du Guidimagha, au sud de la Mauritanie. Depuis, des voix s’élèvent pour exprimer leurs inquiétudes quant aux conséquences potentielles de ce projet minier.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, ce permis a été accordé après le paiement par la société bénéficiaire de l’ensemble des droits et redevances exigés, pour un montant total de 267,5 millions d’ouguiyas (MRO), soit environ 670 000 dollars. Si les autorités présentent cette future mine comme un levier de développement économique, de création d’emplois et d’attractivité pour les investissements, certains habitants et ressortissants de la région redoutent des impacts négatifs sur l’environnement et les conditions d’emploi des populations locales.
Des craintes pour l’environnement
Les préoccupations les plus fréquemment exprimées concernent la préservation de l’écosystème du Guidimagha, une région réputée pour son activité agricole, son élevage et sa proximité avec le fleuve Sénégal.
Plusieurs habitants estiment que l’exploitation industrielle de l’or pourrait entraîner une pollution des sols et des eaux, avec des conséquences sur la biodiversité, les terres agricoles, les pâturages ainsi que la santé des populations et du cheptel.
Pour justifier leurs inquiétudes, certains évoquent des controverses ayant marqué des projets miniers conduits par des entreprises chinoises dans d’autres pays africains, où des atteintes présumées à l’environnement ont été dénoncées. Ils redoutent que des situations similaires puissent se produire au Guidimagha.
L’emploi local au centre des attentes
Au-delà des questions environnementales, de nombreux habitants s’interrogent sur les retombées réelles du projet en matière d’emploi.
Malgré les annonces gouvernementales faisant état de 1 000 à 1 200 emplois directs et indirects, certains craignent que les recrutements profitent principalement à une main-d’œuvre étrangère ou que les Mauritaniens soient cantonnés à des postes peu qualifiés.
Ces préoccupations interviennent alors que le gouvernement a assuré que la législation nationale impose à l’entreprise de recruter prioritairement des travailleurs mauritaniens, tout en mettant en œuvre un programme de transfert de compétences pour les postes nécessitant, dans un premier temps, une expertise étrangère.
Des appels en faveur d’un développement plus global
Plusieurs acteurs locaux estiment que l’exploitation des ressources naturelles doit s’accompagner d’investissements concrets dans les infrastructures de base.
Ils appellent notamment les pouvoirs publics à renforcer les services de santé, améliorer les réseaux routiers, développer l’accès à l’électricité et à l’eau et soutenir davantage les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, principaux moyens de subsistance de la région.
Alors que le projet de Ghabou s’apprête à entrer dans sa phase opérationnelle, les attentes demeurent fortes quant au respect des engagements environnementaux, à la transparence du processus de recrutement et aux retombées économiques concrètes pour les populations du Guidimagha. Pour de nombreux observateurs, le succès de cette mine sera évalué autant à l’aune de sa production aurifère que de son impact réel sur le développement durable de la région.
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