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La laideur de la transparence : la publication des documents internes de l’Etat – Par Biram

Cabinet du député Biram Dah Abeid*

La laideur de la transparence : la publication des documents internes de l’État

Les observateurs locaux et étrangers suivent avec ironie et étonnement, tout comme nous avec inquiétude, la publication par la Primature mauritanienne, sur les réseaux sociaux, d’un courrier administratif interne adressé au Premier ministre par l’organisation Transparency, accompagné de son rapport sur les incendies survenus dans les installations de la Société nationale d’électricité « SOMELEC ».

Le fait que des documents administratifs internes se retrouvent sur les réseaux sociaux et soient publiés par des proches du pouvoir sous prétexte de transparence révèle une dérive inquiétante dans la manière de gérer l’État.

Car la transparence n’est pas la publication aléatoire de la correspondance interne de l’administration. La vraie transparence, c’est informer les citoyens sur les résultats, sur l’usage de l’argent public, sur les marchés publics, sur les décisions et sur les responsabilités.

L’administration a ses règles, sa correspondance interne a son cadre, et les documents administratifs sont soumis à des règles qui régissent leur circulation. Transformer chaque courrier administratif en matière de communication politique affaiblit l’autorité de l’État et bafoue les règles de fonctionnement de ses institutions.

Mais cette pratique révèle surtout une dérive plus profonde : un pouvoir qui communique sur tout parce qu’il est incapable de convaincre les citoyens par ses résultats. Quand les réalisations concrètes font défaut, on exhibe des lettres, des rapports, des visites et des annonces pour donner l’image d’un État en mouvement et à l’œuvre.

La communication ne peut pas remplacer l’action. Les documents ne peuvent pas remplacer les résultats. Et l’étalage de l’activité de l’État ne peut pas masquer ses échecs.

La vraie transparence viendra le jour où les Mauritaniens connaîtront les causes des échecs, les marchés qui en sont à l’origine, les responsabilités qui en découlent, et les sanctions prises à l’encontre des responsables.

Un État sérieux ne se mesure pas au nombre de documents qui fuient, mais à la qualité des services qu’il rend à ses citoyens.

Biram Dah Abeid
3 septembre 2026

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