BREFS/INFOSFAITS DIVERSSOCIÉTÉ

Au Sénégal, des migrants expulsés de Mauritanie vivent dans des conditions d’accueil précaires

RIMWEEKLY – Le Mixed Migration Center a récemment recueilli des témoignages dans la ville frontalière de Rosso. Des migrants renvoyés de Mauritanie racontent leurs conditions de vie et dénoncent les opérations d’expulsions musclées menées par les autorités mauritaniennes.

Un responsable du Mixed Migration Centre (MMC) pour l’Afrique de l’Ouest s’est rendu en août dernier dans la ville frontalière de Rosso, au Sénégal, où arrivent des migrants expulsés de Mauritanie.

Cette visite du MMC visait notamment à soutenir le programme 4Mi, une vaste collecte de données sur la migration dans le monde pour mieux comprendre, à travers des témoignages réguliers, les routes migratoires.

Rosso se trouve sur les rives du fleuve Sénégal, qui marque la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie. Durant une semaine, le MMC a rencontré des personnes récemment expulsées ainsi que plusieurs acteurs humanitaires présents dans la zone.

Pendant la visite du MMC, trois convois d’expulsion ont franchi le poste-frontière de Rosso. Le plus important transportait une centaine de migrants.

« Ils nous traitent comme si nous n’étions pas des êtres humains », a confié l’un des nombreux exilés interrogés par le MMC.

Des allégations de profilage racial en Mauritanie

Les témoignages recueillis décrivent des interpellations de la police mauritanienne musclées, sans vérification préalable des titres de séjour ou des documents d’identité. Ainsi des personnes en situation régulière auraient également été arrêtées.

Selon ces récits, les personnes noires originaires d’Afrique subsaharienne, notamment du Burkina Faso, du Mali, de Guinée ou encore de Côte d’Ivoire, sont particulièrement visées lors de ces opérations.

Moussa Kolongo, 38 ans, originaire du Mali, est bloqué chez lui, dans l'impossibilité de travailler en raison des contrôles, à Nouakchott, en Mauritanie, le 5 juillet 2025 | Photo : REUTERS
Moussa Kolongo, 38 ans, originaire du Mali, est bloqué chez lui, dans l’impossibilité de travailler en raison des contrôles, à Nouakchott, en Mauritanie, le 5 juillet 2025 | Photo : REUTERS

Une ressortissante togolaise explique avoir dépensé près de 500 000 francs CFA, soit environ 760 euros, pour obtenir des documents de séjour, que les autorités mauritaniennes auraient totalement ignorés lors de son expulsion.

D’autres migrants affirment que leurs documents d’identité ont été détruits lors des interpellations, compliquant par la suite l’accès à une protection consulaire ou aux programmes de retour volontaire.

Source : Infomigrants.net

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *