Le Maroc renforce ses corridors terrestres vers la Mauritanie et le Sahel
(Agence Ecofin) – De Rabat à Nouakchott, les infrastructures routières deviennent un nouvel instrument dans la compétition pour l’accès aux marchés ouest-africains et sahéliens, où plusieurs corridors cherchent désormais à s’imposer.
Le Maroc et la Mauritanie ont franchi une nouvelle étape vers le renforcement de leur interconnexion routière, avec la signature d’une convention-cadre le lundi 21 septembre à Rabat, pour la réhabilitation et l’élargissement de la route de 480 km reliant Nouakchott à Nouadhibou. Selon le ministère marocain de l’Equipement, le projet doit améliorer la liaison entre les réseaux routiers des deux pays, et faciliter la circulation des transporteurs et opérateurs économiques. Il vise également à fluidifier les échanges commerciaux et à soutenir la coopération dans les domaines économique, commercial et de l’investissement.
Au-delà de la liaison, cette infrastructure s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des connexions terrestres vers l’Afrique de l’Ouest. Le projet est en effet présenté comme l’un des axes structurants de l’Initiative Atlantique portée par le roi Mohammed VI, qui entend notamment renforcer les liaisons entre le Maroc, la Mauritanie, et les pays enclavés du Sahel.
A terme, cette stratégie doit contribuer à améliorer l’accès au réseau logistique marocain pour des pays comme le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Pour ces Etats dépourvus d’accès direct à la mer, la disponibilité de corridors routiers efficaces constitue un enjeu majeur pour l’approvisionnement et l’acheminement des exportations vers les ports et les marchés internationaux.
Cette orientation complète le développement des infrastructures portuaires marocaines, notamment autour de la plateforme de Tanger Med. Le pays dispose aujourd’hui d’une importante capacité de traitement des flux maritimes, dont une partie est destinée au transbordement à destination d’autres marchés africains. Le renforcement des liaisons terrestres doit permettre de prolonger cette connectivité maritime vers l’intérieur du continent.
Rabat devra toutefois composer avec une concurrence régionale croissante, notamment celle de l’Algérie, qui cherche elle aussi à utiliser la Mauritanie comme point d’accès aux marchés ouest-africains. Alger et Nouakchott ont engagé plusieurs projets destinés à renforcer cette connexion, dont la route Tindouf – Zouérate, présentée par les autorités mauritaniennes comme un axe devant permettre à l’Algérie de se connecter à l’Afrique de l’Ouest. En parallèle, Alger développe une zone de libre-échange à Tindouf, et a renforcé sa desserte maritime vers Nouakchott, Nouadhibou et Dakar.
Henoc Dossa
Edité par : Feriol Bewa


